Le 14 février approche à grands pas et les fleurs, comme à l’accoutumée, feront partie des choix de prédilection pour cette journée.

 

Pour quelle raison privilégier le circuit court et l’agriculture biologique uniquement pour l’alimentation ?

Vous l’avez peut-être déjà entendu : 85% des fleurs vendues dans l’Hexagone sont produites à l’étranger. Pas de problème à cela… sauf quand on regarde de plus près. Le bilan en terme de carbone et de pétrole pour faire venir les fleurs est désastreux : le trajet le plus courant consiste à partir d’Afrique ou d’Amérique du Sud, direction les Pays-Bas et son marché aux fleurs pour grossistes, avant la commercialisation dans les différents pays de l’Union Européenne.

Mais il ne s’agit pas du seul « inconvénient », comme le pointe le journal Le Monde. En effet, les conditions de culture sont très souvent néfastes pour l’environnement : forages, engrais chimiques, pesticides, assèchement des lacs (comme le lac Naivasha, dans la vallée des roses kenyane).

En février 2017, une enquête de 60 millions de consommateurs dresse un profil alarmant des substances retrouvées dans nos bouquets : 49 molécules différentes, dont certaines à dégradation lente et/ou interdites en France, dangereuses pour les abeilles et l’environnement en général.

Et bien évidemment cela a un retentissement sur les ouvriers agricoles qui, en plus de ne pas être correctement rémunérés, sont intoxiqués par les produits utilisés.

Une autre raison ? En réduisant la longueur du circuit producteur-grossiste-fleuriste-client (!), les fleurs sont plus fraîches et tiennent plus longtemps en vase. En moyenne, les fleurs que l’on trouve dans le commerce ont été cueillies une semaine auparavant…

 

Vous voulez vraiment des roses ?

Comme beaucoup de fleurs, les roses sont très souvent originaires d’Afrique. En Europe en février, difficile de choisir des roses locales. Dans ce cas, vous pouvez choisir des bouquets provenant du commerce équitable et labellisées Fairtrade/Max Havelaar.

Mais, pour citer l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla, « Le commerce équitable ne profite pas aux plus pauvres mais aux producteurs moyens, ceux qui ont les ressources de se payer les labels de certification ». C’est ce qui est tout de même regrettable…

Savez-vous que… ? Dans certains pays occidentaux (Allemagne, Autriche, Royaume-Uni), la provenance et le mode de culture des fleurs intéressent de plus en plus les consommateurs. Il y a même un mouvement Slow Flowers qui s’organise aux Etats-Unis, militant pour une consommation en circuit court.

Bien entendu, en matière de commerce, l’offre évolue en fonction de la demande. Plus nombreux seront les consommateurs exigeant un mode d’agriculture horticole respectueux de l’environnement et des hommes, et plus le choix se développera…

 

Pour acheter des fleurs issues d’une horticulture bio et écologique

Pour soutenir une association à but éthique et écologique, vous pouvez acheter les fleurs produites par Fleurs de Cocagne. En plus de proposer un mode de production bio et local, les ouvrières horticoles sont des femmes en parcours d’insertion. Deux modes de vente au choix : par abonnement ou dans les réseaux de distribution partenaires locaux. Vous pouvez les contacter pour davantage de renseignements : Fleurs de Cocagne – Avrainville (91), à adherent@fleursdecocagne.fr ou au 01 60 82 94 96.

Envie d’un bouquet champêtre bio ? Pensez à Christelle Marquer, fleuriste mais surtout productrice certifiée Ecocert dans le Morbihan (56). Ses fleurs sont garanties sans pesticides, engrais ou traitements chimiques, pour une production respectueuse de la faune et de la flore, disponibles d’avril à novembre. Mais pour la Saint Valentin (et plus généralement, de novembre à mars), des roses issues du commerce équitable vous sont proposées. Retrouvez La Vie rêvée des fleurs sur les marchés de Vannes, Locmariaquer et Carnac.

A proximité de Montreuil ? Rendez-vous chez Sophie Le Corre, fleuriste labellisée écoresponsable car veillant à l’impact environnemental de sa boutique (Boutique Pompon, place Jean Jaurès) et préférant les fleurs locales et bio à la belle saison… Pour la Saint Valentin, Pompon s’associe avec l’artiste Chacuicui en proposant de jolies céramiques artisanales. Bonus ? Un service livraison est proposé sur Montreuil, Paris et la Petite Couronne.

 

D’autres initiatives ?

Si vous n’avez pas la chance d’habiter dans le Morbihan, en Ile-de-France ou à proximité d’un distributeur local de Fleurs de Cocagne, vous pouvez opter pour la vente à distance avec livraison à domicile. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à trouver de marchands à distance vendant des fleurs cultivées selon un mode écologique, mais nous vous proposons tout de même :

Inspiré du mouvement Slow Flower, Fleurs d’ici est une coopérative de producteurs horticoles qui livre des fleurs fraîches, locales et de saison en Ile-de-France (Paris Intramuros et Petite Couronne). Leur ambition ? Sauvegarder les emplois français et contribuer à la protection de l’environnement.

De la même façon, vous pouvez penser vous orienter vers Lilas Rose Boutique. Des fleurs produites en Anjou, cueillies le matin, transportées pendant la nuit et livrées directement chez vous en 24 heures, sans intermédiaire. Des bouquets (à partir de 22,50€) qui peuvent être envoyés dans toute la France, et bientôt des fleurs à la pièce !

Pour les inconditionnel(le)s des roses, vous pouvez en trouver chez Aquarelle, issues du commerce équitable éthiopien et kenyan, à partir de 26,50€. La livraison s’effectue à la date de votre choix, sur toute la France. Compter un minimum de 24 à 48 heures, selon l’heure de commande.

Et pour les Bruxellois ? Haut les cœurs propose la livraison à vélo dans les dix-neuf villes de l’agglomération bruxelloise des bouquets de saison (en privilégiant les fleurs des petits producteurs belges lorsque c’est possible). Chaque vendredi, trente bouquets sont disponibles et pas un de plus, parce qu’on prend le temps de les confectionner…

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Apolline Compagnon
Apolline Compagnon est une thérapeute pratiquant diverses techniques de médecines douces (phyto-aromathérapie, médecine chinoise...). Également formatrice en contraception naturelle, elle s'est spécialisée dans le bien-être féminin, que ce soit dans sa pratique en cabinet, ou en tant que rédactrice santé/bien-être. Davantage de renseignements sur : www.cabinetmedecinesdouces.fr

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