Le mois de novembre est entamé. Entre les jours de pluie ou de brouillard, quels conseils pour les apprentis jardiniers ? Comme à son habitude, alternant aide potagère et souvenirs d’enfance, notre chroniqueuse octogénaire vous dit tout…

Il me revient à l’esprit une poésie de mon enfance :

« Le brouillard est froid, la bruyère est grise,
Les troupeaux de bœufs vont à l’abreuvoir… »
(Victor Hugo)

Et cette autre :

« Sur la bruyère longue infiniment, voici le vent cornant novembre… »
(Emile Verhaeren)

Et c’est vrai : novembre – le brumaire du calendrier républicain – est le mois des brouillards et du vent, des journées où la nuit « tombe » vite.

 

« Brouillard en novembre, l’hiver sera tendre »

C’était le mois des semailles. Où sont les images d’antan ? Les chevaux ou les bœufs aux naseaux fumant dans le froid, animaux qui tiraient la charrue conduite par le paysan appuyant sur les mancherons et qui traçait des sillons bien droits.

Ensuite venait le semeur au « geste auguste » de Victor Hugo qui lançait à poignée les grains, régulièrement, suivi par les vols de corbeaux qui s’abattaient derrière lui…

Novembre, ce sont les dernières noix, les châtaignes aux bagues épineuses que l’on ramasse sous les feuilles, dans les bois, avec des… gants. Accompagnées de vin bourru, grillées dans la cheminée, quel délice ! Mais n’oubliez pas de les fendre, sinon quelle pétarade et il ne reste rien à manger !

Et quel plaisir que ces balades d’automne où l’on avance dans les feuilles sèches en traînant les pieds. Où que porte le regard, ce sont des frondaisons aux couleurs cuivrées, rousses, encore vertes parfois.

« Quand la chute des feuilles est tardive, la froidure arrive vite »

Et le parfum de terre humide, les derniers champignons : cèpes, girolles, trompettes qui se cachent mais trahis par l’odeur. Mais attention :

« Les champignons sont comestibles, certains une fois seulement. »

Les prés vont se reposer, le bétail ayant regagné les stabulations : finies les chaudes écuries où les bêtes étaient attachées devant les crèches. Fini le son des clarines le soir, au rythme des marches lentes des vaches qui broutaient…

 

Les potagers en novembre

Revenons à nos potagers pour récolter bettes, poirées, choux, mâche croquante, poireaux dont l’eau de cuisson est une boisson santé diurétique et reminéralisante qui, filtrée, peut se conserver 4 à 5 jours au réfrigérateur. Couvrons les chicorées frisées, les pains de sucre. Elles supporteront mieux les frimas de l’hiver. Les dernières tomates peuvent continuer à mûrir dans une cagette au frais presque jusqu’à Noël pour celles en grappes.

Après le bêchage et l’épandage de fumier, le sol va se régénérer doucement. Le fumier aussi est à apporter aux rosiers et recouvrira les fleurs délicates comme arums, alstrœmères, rudbeckies, pour les protéger du gel. Et l’an prochain, quelle floraison !

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Et les arbustes et dahlias ?

Les arbres à papillons (ou buddleias) sont taillés assez sévèrement. Les fleurs des arbustes, fanées, seront également coupées. Laissons par contre les fruits des cotonéasters, des rosiers (gratte-culs) : ils feront la joie des oiseaux. Les mangeoires sont remises en place pour recevoir le tournesol, les suspensions pour les boules de graisse. Et quel ballet, quel festival mais quelle bousculade quand les mésanges, bec menaçant, chassent rouges-gorges, verdiers, moineaux. Mais attention ! Gros becs et bouvreuils ne sont pas tendres non plus. Quand des geais trouvent un bon biotope dans un verger, ils peuvent parfois demeurer là. Les pics épeiches et piverts montent aussi à l’assaut des mangeoires. Pensez toujours à laisser de l’eau à leur disposition et veillez à la dégeler.

Remarque : la plupart des oiseaux sont insectivores, frugivores, mais ils acceptent les graines qui leur permettent de tenir jusqu’au printemps et d’être sédentaires.

Corbeaux et pies se lancent à l’assaut des noyers dont les fruits ont été gaulés. Quelle course avec les écureuils qui ne se rappelleront plus où les noix ont été enterrées, noix qui pousseront un peu partout au printemps !

Les dahlias – encore fleuris – peuvent, si l’hiver n’est pas trop rude, rester en terre. Mais il est préférable de les arracher et de les faire sécher, de les rentrer au sec dans des cartons, peut-être de les étiqueter. De la même façon, on conditionne les glaïeuls.

 

Le verger de novembre

Au verger, on récolte les kiwis qui mûriront dans des cagettes, assez espacés les uns des autres. Ils seront un bon apport de vitamines au petit-déjeuner. Les nèfles sont moins connues, mais quel délice quand elles ont gelé et sont recouvertes de givre ! Elles supportent mal d’être rentrées.

Au verger toujours, on prépare les trous qui accueilleront de futurs arbres. « A la Sainte Catherine, tout arbre prend racine. » Tout le monde connaît. Sur les arbres, on supprime les branches mortes, on raccourcit les hautes branches pour donner une belle forme arrondie qui facilitera la cueillette. Les coings feront de délicieuses gelées et des pâtes de fruit. Mais quel travail !

Les aromatiques à feuillage persistant : thym, romarin, sarriette, lavande… sont taillés assez sévèrement et on garde leurs branches séchées pour les assaisonnements. Persil et cerfeuil sont coupés puis ciselés avant d’être congelés.

 

Pour finir, une anecdote…

Surveillez les fruitiers où vous avez rangé les pommes. Les loirs en sont friands et je raconte ici une anecdote plaisante :

Un vigneron avait suspendu des grappes pour les faire sécher en vue de les écraser pour obtenir du vin de paille. Un loir y venant, il mit une nasse et le captura. Mais il est joli ce petit rat ! Il le relâcha plus loin dans la nature. Deux jours après, à nouveau un loir. Il fait de même. Deux jours encore plus tard, un loir. Idée : c’est peut-être le même ! Le vigneron lui pose à peine de peinture sur le dos et le relâche. Et plus tard, il était encore de retour : c’était bien lui qui retrouvait le chemin des raisins !

 

Détail pratique : il est temps de ranger les vêtements d’été après lavage. Les chaussures d’été qui vont retrouver, nettoyées, leurs cartons. De longs mois vont s’écouler avant de les ressortir !

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Irene
Ancienne enseignante et passionnée de jardinage, Irène fait ses premiers pas de rédactrice web à 80 ans passés. Suivez-la au gré des saisons...

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