Depuis quelques années, les achats responsables investissent nos penderies. Si l’agriculture du coton est de plus en plus décriée au niveau environnemental, l’ortie ne pourrait-elle pas devenir une solution ?

 

Le coton, une agriculture gourmande

Quand on refuse les matières synthétiques (nylon, polyester, acrylique…), le coton représente le matériau naturel vers lequel on se tourne irrémédiablement quant à la composition de nos vêtements. Cependant, il apparaît que le bilan environnemental de l’agriculture du coton est loin d’être positif pour la Terre…

Sur la planète, les champs de coton représentent 2,5% des étendues agricoles. Pourtant, ils demandent à eux seuls 25% des pesticides mondiaux et consomment une part astronomique d’eau (3ème consommateur d’eau d’irrigation après le riz et le blé aux surfaces pourtant plus étendues).

A titre d’exemple, voici les consommations en eau de certains produits ou agricultures :

  • 1 kg de coton = 5 400 à 19 000 L (selon la technique et le lieu)
  • Un jean en coton = 5 000 à 10 000 L
  • 1 kg de riz = 3 700 L
  • 1 kg de blé = 650 L

« Quand l’ortie est jeune, la feuille est un excellent légume ; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres comme le chanvre. […] Hachée, l’ortie est bonne pour la volaille ; broyée, elle est bonne pour les bêtes à cornes. La graine d’ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des animaux ; la racine mêlée au sel donne une belle couleur jaune. […] Et que faut-il à l’ortie ? Peu de terre, nul soin, nulle culture. » Victor Hugo, Les Misérables

 

L’ortie, une plante d’avenir

Les avantages de l’ortie sont importants en agriculture : elle ne consomme presque pas d’eau, n’a pas besoin de pesticides et un faible impact carbone. De plus, 16 semaines de culture suffisent pour la plante piquante. Une belle source d’économies et de rentabilité. Ces critères font donc de l’ortie un choix d’avenir pour nos cultures.

Pour ce qui concerne l’industrie textile, on se rend compte que l’ortie pourrait à terme remplacer le coton dans la composition de nos vêtements. En effet, sa résistance est supérieure, ses fibres longues sont comparables à celles du coton (les industriels du textile peuvent donc traiter les deux plantes sans surcoût, sans nécessité de changer les machines), et son porter tout aussi confortable. Une filière dévolue à l’ortie se met alors en place. Objectif ? Remplacer (au moins partiellement) les champs de boules cotonneuses.

Savez-vous que… ? Les uniformes des Poilus étaient déjà fabriqués… à base d’ortie.

L’idée de se tourner vers l’ortie prend pour origine la hausse du coût du coton. Les industriels vosgiens doivent trouver une autre fibre textile, aux propriétés identiques, mais plus économique. L’utilisation de l’ortie dès le début du XXème siècle fait naître en eux l’idée de revenir à cette plante délaissée.

 

Les autres propriétés de l’ortie

Si on utilise uniquement la tige pour la manufacture textile, l’idée à terme est de pouvoir également utiliser les feuilles dans les autres industries. En bref, valoriser le plant dans son ensemble.

 

Des vertus médicinales et cosmétiques

Ses bienfaits sont multiples et connus : anti-séborrhéique, anti-acnéique, diurétique, dépurative, antalgique, anti-inflammatoire, reminéralisante, anti-rhumatismale, antioxydante, hépatoprotectrice, cholagogue, hypoglycémiante, etc. Et ce ne sont là que quelques-unes de ses propriétés…

« L’ortie, aux yeux du peuple herbe si méprisable, tient dans la médecine une place honorable. » Précepte de l’école de Salerne

 

Un aliment santé qui s’invite dans nos assiettes

Sa richesse en acides aminés, minéraux et vitamines font de cette plante un aliment qui a toute sa place dans nos cuisines. On pense notamment à de délicieuses soupes d’ortie

 

En matériau de construction

Moins plébiscitée que le chanvre, l’ortie (souple et résistante) pourrait également présenter un intérêt dans la construction écologique de demain. Comme matériau biosourcé, elle a déjà fait ses preuves quant à la réhabilitation de certains sols dégradés.

 

Dans nos jardins, un intérêt phytosanitaire

Les jardiniers connaissent cette plante depuis fort longtemps. Selon sa dilution dans de l’eau, elle peut révéler des vertus : contre les maladies cryptogamiques de type mildiou (pulvérisée sur le sol), elle favorise également la croissance des plants, agit comme activateur de compost ou encore comme insecticide.

 

Alors, l’ortie, une « mauvaise herbe », vraiment ?

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