On a tendance à l’oublier, cet état de fait n’étant jamais vanté dans les publicités, mais les fêtes de Noël sont un temps pour penser aux autres. Heureusement des initiatives, solitaires ou solidaires, fleurissent un peu partout pour penser aux grands oubliés : les SDF.

A la mi-décembre, voilà presque deux mois que l’on subit le matraquage du « consommez toujours plus ». Entre deux dessins animés, une publicité pour des friandises ou du foie gras. Pas un mot sur les sans-abri, pas assez vendeur, pas assez festif. A en croire les publicitaires, d’octobre à décembre, le plus grand problème de notre société se résume à choisir les décorations qui orneront le sapin ou la liste des invités à dresser. Et pourtant…

 

Le concept des sacs cadeaux pour SDF et les produits qui le composent

Le concept de base des sacs cadeaux pour sans-abri est simple. Il s’agit d’un calendrier de l’Avent inversé. Au lieu de recevoir pendant les 24 premiers jours de Noël un petit cadeau, vous en mettez un de côté pour une personne qui vit dans la rue, en utilisant un sac à dos style randonnée (35-45L) comme emballage cadeau pratique. La veille de Noël, vous offrez ce sac rempli de cadeaux à un SDF.

Votre sac doit contenir des produits de nécessité (nourriture, soins d’hygiène, etc.) ainsi que d’autres pour faire plaisir.

 

Les produits de nécessité :

Au rayon nourriture : n’oubliez pas que les sans-abri n’ont pas accès à des plaques de cuisson ou à un réfrigérateur. Donc pas de spaghetti en sachet, de légumes crus, etc. Vous devez penser plaisir, longue conservation et non besoin de cuisson. Vous pouvez penser aux fruits, à un bocal de pâté et du pain de mie, à de petites brioches, etc. Et un paquet de papillotes pour les gourmands !

Au rayon hygiène : il y a bien entendu les classiques avec le savon, un peigne, des mouchoirs, etc. Un sac pour un homme ? Alors mousse à raser et rasoirs feront partie du lot. Pour une femme ? On ajoute des protections hygiéniques. De plus, certaines femmes aiment rester coquettes comme ultime moyen de ne pas sombrer. Si vous préparez un sac de cadeaux pour une femme, pourquoi ne pas opter pour un mascara, un crayon pour les yeux, un baume pour les lèvres, une crème pour le corps, etc. ? Ce ne sont pas des objets de première nécessité, mais ils valorisent la personne.

En ce mois de décembre, on pense également aux vêtements qui tiennent chaud. Bonnet, gants, écharpe, chaussettes en laine… Et, si vos moyens le permettent, pourquoi pas un blouson ou un gros pull ? Ou un nouveau tapis de sol et un sac de couchage pour isoler du froid ?

 

Les cadeaux qui font plaisir :

Un peu de culture : un bon roman ou une BD font partie des grands classiques. On les choisit assez généralistes pour qu’ils puissent plaire au plus grand nombre et on évite la fantasy romance, la biographie de Churchill ou les maîtres du roman gore. A moins que vous n’ayez déjà échangé avec le SDF à qui vous destinez votre colis et que le sujet l’intéresse…

On peut également penser à un livre de peinture ou de photos, parce que non, tous les sans-abri ne sont pas de sombres ignorants qui n’aiment rien tant que regarder les personnes qui passent devant elles, comme certains croient. Et il n’y a ni âge, ni sexe, ni milieu socio-culturel qui permette d’apprécier la beauté de certaines œuvres.

Et la radio ? Offrir un petit poste permet de ne pas couper les personnes du monde qui les entoure. Pour écouter de la musique, des informations, voyager par la pensée… et s’évader au moins quelques heures. Si cette idée vous tente, veillez à ce que la radio marche avec des piles (par de branchement sur secteur) et offrez-en quelques-unes avec…

Pourquoi pas un jeu de cartes ou un jeu de société ? Évitez ceux avec de grands plateaux et de nombreux pions, ou privilégiez les formats de voyage et de poche.

 

Des associations pour encadrer

L’association Sakado voit le jour en 2005. Le principe est simple : « Pas d’argent circulant, pas de comptes bancaires, les bénévoles SAKADO financent eux-mêmes leurs actions. C’est pour vous la certitude de voir votre don aller directement aux sans-abris, sans autres utilisations. » Fin 2017, les fondateurs Pascal Parrot et Thierry Teulade espéraient pouvoir distribuer 10 000 sacs dans toute France. Et si fin 2018, on décidait de les aider à faire plus encore ?

« J’ai 60 ans, j’ai vu des vieux briscards aussi vieux que moi, pleurer en ouvrant leur sac. Comme des enfants de 5 ans qui verraient le Père Noël » Thierry Teulade, co-fondateur de Sakado.

Lorsque votre sac est prêt, vous le déposez dans un de leurs points de dépôt, et des structures d’aide aux sans-abri (SAMU social, Croix-Rouge, Secours Populaire…) se chargeront de les leur remettre. Vous pouvez également devenir partenaire de l’association en parlant du projet dans les établissements scolaires de votre région (sachez que la moitié des sacs proviennent des jeunes collégiens et lycéens sensibilisés), ou aux entreprises et autres comités d’entreprises. Tenté par l’aventure ? Vous trouverez davantage d’informations sur leur site.

Et à l’étranger ? L’association Sakado agit également en Belgique et bientôt au Royaume-Uni. Si vous habitez dans d’autres pays francophones, veuillez vous rapprocher des antennes locales de la Croix Rouge ou du Samu social, plus à même de vous aiguiller.

 

Et si on déclinait le concept des sacs cadeaux pour sans-abri… aux personnes dans le besoin ?

Bien entendu, ce concept peut aussi se décliner… On a souvent tendance à oublier que la misère n’est pas le seul apanage des villes. En milieu rural, on voit moins ceux qui sont dans le besoin. Ceux qui ont des retraites incompatibles avec un niveau de vie non pas confortable, mais décent. Ces personnes âgées qui ont honte de demander de l’aide aux services sociaux ou à leur propre famille. Qui mangent un paquet de pâtes réparti sur trois jours, tous les jours, parce que c’est un des rares produits à leur portée financière et qui cale bien l’estomac. Qui n’ont pas les moyens de se chauffer et qui placent des bouteilles remplies d’eau chaude dans leur lit pour ne pas geler entre les draps. La solitude, elle aussi, tient froid.

Alors, au moins un jour dans l’année, on pense à ces « invisibles ». En déposant un cadeau, voire un cabas de courses sur le paillasson. Des choses du quotidien ainsi que celles qu’ils ne pourraient pas s’offrir. Un repas tout prêt pour le réveillon, un gel de massage pour les articulations arthrosiques, un châle, une casquette, un petit radiateur électrique peu énergivore, etc.

On pense également au fait que le plus bel acte de générosité est celui qui ne se fait pas voir. Qui s’oublie. Qui se suffit à lui-même… La générosité n’est plus quand elle nourrit la vanité.

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